MTO Shahmaghsoudi ®

1/22015

L’origine du soufisme

Le soufisme a existé depuis le début de l’histoire humaine car, en tout temps et en tout lieu, Dieu a envoyé des prophètes pour guider l’humanité vers la connaissance de Lui, et le soufisme est la voie des prophètes. Le grand maître Bayazid Bastami (cité par al-Muqaddisi) affirmait :

Ses graines furent semées à l’époque d’Adam, elles ont germé au temps de Noé et fleuri à celui d’Abraham. Le raisin apparut au temps de Moïse et mûrit au temps de Jésus. À l’époque de Mohammad, il donna un vin pur.

Les traces historiques remontent au septième siècle, à l’époque du Prophète Mohammad (paix sur lui), quand il confirma la connaissance intérieure d’Oveys Gharani. Il est en général admis que le soufisme est la dimension mystique de l’islam. Hujwiri, au onzième siècle, a proposé certaines hypothèses sur l’origine du mot « soufi ». Selon certains savants, il dérive du terme Ahl al-suffa, « les gens de la banquette », qui fait allusion à une estrade sur laquelle le Prophète Mohammad et ses disciples avaient coutume de s’installer pour adorer Dieu.

Selon d’autres, on les appelait soufis parce qu’ils étaient habituellement vêtus de laine (suf). L’habitude de porter de la laine à même la peau remonte au premier maître des soufis islamiques. Alors que cette théorie sur l’origine du mot a un réel fondement dans les pratiques du soufisme, les paroles d’Hazrat Mir Ghotbeddin Mohammad Angha explicite ce point : « Si tout soufi porte de la laine, toute personne portant de la laine – suf – n’est pas un soufi. » D’autres pensent que les soufis sont nommés ainsi à cause de la safa (pureté) de leur cœur et de la propreté de leurs actes. C’est pourquoi les pratiquants de la safa sont appelés soufis, ceux qui ont « le cœur pur ».

L’actuel maître soufi, Hazrat Salaheddin Ali Nader Angha, nous explique que, si la référence des historiens n’est pas fausse, elle est incomplète. Ils décrivent la forme extérieure du soufisme, car sa signification intérieure est hors de portée de leur expérience personnelle. Si nous examinons soigneusement les deux dernières hypothèses, nous remarquerons qu’être appelé soufi entraîne certaines exigences. Être un compagnon du Prophète exige à l’évidence une façon d’agir et un comportement particuliers. Cela exige la pureté du cœur, la lucidité spirituelle et le caractère sacré du but poursuivi. Par essence, les gens de la banquette, ou les Compagnons du Prophète, ont dû être conscients de l’importance des enseignements du saint Prophète et nourrir l’intention d’être formés par lui, car ils voulaient connaître Dieu.

Par conséquent, si porter de la laine était une des conditions à respecter, ils le faisaient. Porter de la laine, c’était simplement se rappeler de ne pas se livrer aux attachements mondains. Le but était d’atteindre un état de pureté qui les relierait directement à Dieu, les unirait à Dieu, les anéantirait en Dieu, les ferait subsister en Dieu et témoigner alors de l’unicité de Dieu – ainsi que le saint Prophète l’a déclaré, la elaha ella Allah. Atteindre cet état signifie qu’on n’a dans le cœur nul autre que Dieu – safa.

Cette méthode de purification par la soumission à Dieu et l’anéantissement en Dieu est appelée ma’rifa, ce qui signifie connaissance et cognition. Dans ce contexte, il s’agit de la cognition du soi et de la cognition de Dieu. Celui qui enseigne cette méthode de cognition est appelé arif, c’est-à-dire celui qui a atteint l’état le plus éminent d’existence, par l’anéantissement et la permanence en Dieu. La sagesse ésotérique de la cognition fut transmise par le saint Prophète à son cousin et gendre Ali ibn Abu Talib, appelé Amir al-Mo’menin (paix sur lui).

Le caractère sacré du message de l’islam et de la tradition du saint Prophète fut gardé intact à travers une chaîne de transmission des grands maîtres de Maktab Tarighat Oveyssi Shahmaghsoudi®.
Références :

Hujwiri, Ali B. Uthman Al-Jullabi, The Kashf Al-Mahjub (Le dévoilement des choses cachées), trad. R.A. Nicholson, Londres, E.J.W. Gibb Memorial, 1911-1976.
Angha, Salaheddin Ali Nader, Sufism, Washington, DC, M.T.O. Publications®, 1996.