MTO Shahmaghsoudi ®

3/82013

Les maîtres soufis de MTO

La pureté du message de l’islam et la tradition du saint Prophète Mohammad (paix sur lui) ont été gardées intactes à travers une longue chaîne de transmission par les grands maîtres de Maktab Tarighat Oveyssi®. Alors que l’islam orthodoxe tombait entre les mains des religieux et des juristes, ces maîtres transmirent, à travers leurs enseignements, leurs écrits et leurs étudiants, le message intérieur de l’islam. La vérité de l’islam n’aurait pas survécu sans le sacrifice désintéressé de ces grands maîtres spirituels qu’on appelle les quarante lanternes du soufisme.

De l’époque de Hazrat Oveys Gharani, fondateur de l’École de soufisme Oveyssi, jusqu’à celle du maître de l’école, Hazrat Salaheddin Ali Nader Angha, le soufisme a mené le développement de la vérité de l’islam dans de nombreux pays. Cette section propose un bref résumé de la vie de plusieurs maîtres de l’École de soufisme islamique M.T.O.

Salman Farsi (1er siècle A.H./7ème siècle A.D.), premier musulman persan, est connu pour être un pionnier du soufisme. Il a diffusé les enseignements du soufisme en Iran dans les premières années de l’islam. Salman cherchait une voie qui étancherait sa soif et contenterait son cœur. Il avait emprunté les chemins de différentes religions de l’époque, comme le christianisme et le zoroastrisme, religions dominantes sous la dynastie sassanide. Il atteint au cours de sa vie de telles hauteurs que le Prophète fit de lui un membre de « Ahl-e Beyt » (sa famille) et qu’il reçut le surnom d’Abu Abdullah (serviteur de Dieu).

Ibrahim Adham, (mort en 161 A.H./777 A.D.) était un prince, qui abandonna sa famille et son royaume pour trouver la vérité, et qui parcourut le chemin du soufisme et le monde de l’amour.

Hazrat Abu Ali Shaghigh Balkhi (mort en 194 A.H./809 A.D.), qui lui succéda, illumina le chemin du soufisme. Après sa rencontre avec Hazrat Ibrahim Adham à la Mecque, il entreprit son voyage sur le chemin de l’amour et de la gnose.

Hazrat Abu Abdullah Mohammad Ibn Khafif Shirazi (4ème siècleA.H./9ème siècleA.D.) fut aussi appelé Sheikh Kabir et Sheikh al-Islam. On lui donna de nombreux surnoms, tous reflétant ses immenses capacités et sa connaissance des mondes physique et métaphysique, ainsi que sa vaste connaissance de l’islam. Sheikh Khafif vécut dans la même région que Mansour Hallaj, le soufi réputé qui fut exécuté pour blasphème, accusé d’avoir dit : « Je suis le Vrai ». Sheikh Khafif se leva pour défendre l’islam. Son ordre soufi fut appelé Khafifieh Oveyssieh.

Au 12ème siècle, Sheikh Ruzbihan (522 A.H./1128 A.D.) rédigea plus de cent œuvres sur le soufisme.

Sheikh Najmeddin Kobra (540 A.H./1145 A.D.) forma douze nobles disciples parmi lesquels Ali Lala Ghaznavi, Farid-ud-Din Attar et Seyfeddin Bakharzi. Annemarie Schimmel (255) affirme dans son livre Le Soufisme ou les dimensions mystiques de l’Islam : « Indubitablement, Kobra a vécu des voyages célestes et traversé les niveaux cosmiques de ses visions. Il est en accord avec d’autres théoriciens soufis dans la mesure où il voit l’homme comme un microcosme qui contient tout ce qui existe dans le macrocosme. »

Le poète soufi le plus lu en Occident est le grand Jalaleddin Rumi (603 A.H./1207A.D.), qu’on appelle aussi Molavi. Enseignant religieux traditionnel, il fut transformé, à l’âge de 37 ans, par l’apparition inattendue d’un derviche errant du nom de Shams Tabrizi. Il trouva en Shams un miroir du Bien-aimé divin. Rumi est rattaché à la Voie Oveyssi de deux façons différentes : du côté de son père Baha al-Din Valad, qui fut disciple du fameux soufi Najmedin Kobra, et par son maître bien-aimé Shams Tabrizi, qui fut lui-même disciple de Baba-Kamal Jondi, qui fut lui aussi disciple de Sheikh Najmedin Kobra Oveyssi.

Hazrat Sheikh Semnani (659 A.H./1261A.D.) était de famille noble. À l’âge de 25 ans, il quitta la cour pour consacrer sa vie à Dieu. Il donna sa richesse à la Khaneghah de Sakakieh, et passa sa vie entière à lire des livres sur le soufisme, à en suivre toutes les instructions, dans la prière et la dévotion. Il n’obtint cependant pas les résultats escomptés avant de rencontrer un disciple de Hazrat Abdolrahman Esfarayeni. Il écrit à propos de cette rencontre : « La lumière de l’islam rayonnait sur son visage et le parfum du bien-aimé émanait de son âme. Il m’enseigna la manière de faire le Zikr des quatre temps de La ilaha illa Allah. Je fis de nombreuses découvertes pendant le Zikr. Mes yeux virent les signaux de lumière monter de ma poitrine vers le ciel. Je lui demandai quel était son ascendance soufie. Il me dit : mon Pir est Hazrat Esfarayeni, disciple de Hazrat Sheikh Jozjani, lui-même disciple de Hazrat Sheikh Lala. »

Amir Seyyed Ali Hamedani (713 A.H./1313A.D.), qu’on appelait « le second Ali » en raison de l’éminence de son rang, émigra vers le Cachemire avec 700 disciples. L’Inde doit son héritage islamique à Hazrat Hamedani. Ses enseignements ont eu sur les gens de la région une influence telle qu’ils transformaient leurs temples en mosquées et en Khaneghahs. Une des Khaneghahs d’origine, qu’il avait construite à Delhi, existe toujours et est réputée car elle fut la Khaneghah et la mosquée du Shah (roi) de Hamedan.

Shamseddin Hafiz Shirazi (d.791A.H./1389 A.D.), autre poète soufi persan à la réputation mondiale, fut aussi membre de l’École de soufisme Oveyssi. Il a inspiré de grands philosophes et de grands poètes partout dans le monde et a été beaucoup admiré, en particulier par le philosophe allemand Goethe. Il fut le disciple de Pir Golrang, lequel fut par trois rattachements disciple de Hazrat Sheikh Ruzbihan Baghli (Baqli), le 14ème maître soufi de la Maktab Tarighat Oveyssi.

Entre le 15ème siècle et l’époque actuelle, de grands soufis ont continué à émerger, comme Hazrat Sheikh Abu Es’hagh Khatlani (740 A.H./1339 A.D.) et son successeur Hazrat Seyed Mohammad Noorbakhsh (795 A.H./1392 A.D.). Ils n’étaient pas dans les bonnes grâces du dirigeant de l’époque, Sultan Shahrokh Mirza Teymouri, et ils furent emprisonnés et exilés de nombreuses fois. Hazrat Khatlani et son frère finirent par être exécutés, alors que Hazrat Noorbakhsh, après avoir passé vingt-cinq ans de sa vie en prison et en exil, fut libre de voyager une fois Sultan Shahrokh Mirza décédé. Malgré les obstacles, les difficultés et les oppositions, ces éminents maîtres soufis déployèrent de grands efforts pour enseigner la vérité et diffuser la vérité de l’islam.

Par ailleurs, Hazrat Shah Ghasem Feiz-Bakhsh, le grand gnostique du 9ème siècle A.H./14ème siècle A.D., fils biologique et spirituel de Hazrat Seyed Mohammad Noorbaksh, fut accepté par toutes les classes sociales, et le roi Esmaeil Safavid avait une grande considération et un profond respect pour son rang et pour l’éminence de son niveau spirituel.

Les grands soufis du 17ème au 19ème A.D (11ème au 13ème A.H.) siècles furent Seyyed Abdolvahab Naini (mort en 1212 A.H./ 1798 A.D.), Haj Mohammad Hasan Kouzeh-kanani (mort en 1250 A.H./ 1834 A.D.) et Hazrat Agha Abdolghader Jahromi (mort en 1301 A.H./ 1884 A.D.).

Un homme de grand savoir, maître de son temps, Pir Agha Abdolghader, le Pir Oveyssi, fut le calife de Haj Mohammad Hassan Naini Kozehkanani. L’auteur de Taraegh écrit : « Agha Abdolghader était un commerçant de Jahrom de Shiraz et habitait à Esfahan pour ses affaires. Quand l’amour divin le saisit, l’amour de l’accumulation de richesses disparut entièrement de son cœur, et il donna tout ce qu’il possédait, par égard pour son cheminement vers Dieu. De nombreux miracles à propos de Hazrat Pir Agha Abdolghader ont été rapportés par son disciple et calife Hazrat Jalaleddin Ali Mir Abolfazl Angha. »

________________________________________________________________________

Références :

Mohebbi, Mohammad. Aghtab Oveyssi, Düsseldorf, M.T.O. Publications, Éditions I- IX, 1998-2008.

Schimmel, Annemarie. Le Soufisme, ou les Dimensions mystiques de l’Islam, Paris, Éditions du Cerf, 1996.