M.T.O. Shahmaghsoudi® enseigne les principes du soufisme qui facilitent le voyage vers la connaissance de soi. Le voyage vers le royaume intérieur est appelé Sayr-va-Solouk. L’enseignant spirituel, appelé Pir – ce qui signifie « la lumière sur le chemin » – guide le chercheur au long du voyage vers la connaissance de soi. La lumière par laquelle le maître guide éclaire le chemin du chercheur et lui permet de surmonter les obstacles sur le chemin. Dans son livre Guide de la Voie Soufie, l’actuel maître soufi de l’École de soufisme islamique M.T.O. Shahmaghsoudi®, Hazrat Salaheddin Ali Nader Angha, présente ainsi les huit principes du soufisme :

Zekr se souvenir – se souvenir de Dieu à tout instant
Fekr réfléchir, méditer – être dans un état de conscience et d’étonnement
Sahar s’éveiller – éveil de l’âme et du corps
Jui’ avoir faim – avoir faim extérieurement (mental) et intérieurement (cœur) afin d’acquérir la vérité et de persévérer dans la recherche
Somt observer le silence – cesser de penser à des choses sans valeur et d’en parler
Saom jeûner – jeûne du corps (nourriture), jeûne du mental (attachements) et jeûne de l’âme (désirs)
Khalvat observer la solitude – prier dans la solitude, extérieure et intérieure
Khedmat servir – se dissoudre dans la vérité du maître et se dissoudre dans la vérité de l’existence, Dieu.

Ces principes aident au voyage vers la connaissance de soi. D’abord, le chercheur de vérité contrôle mieux ses appétits naturels, ses désirs et ses dépendances (physiques, mentales, émotionnelles, etc.). Il en résulte qu’il ressent une libération intérieure et un sentiment d’équilibre, de liberté et de paix. Les attirances extérieures permanentes qui le tirent dans différentes directions n’exercent plus de contrôle sur lui.

Le Pir permet au chercheur de se libérer des strates d’ignorance, et le conduit à travers les sept niveaux du cœur, depuis le niveau du désir ardent et authentique d’amour et de connaissance jusqu’au niveau suprême de l’unité et de l’annihilation. En observant ces principes, le chercheur traverse différents niveaux de purification, où les voiles de l’inconnu sont levés. Par la foi et la connaissance, le chercheur témoigne de l’unicité de Dieu et de l’unité de l’existence.

Les soufis ont décrit les états du cœur par rapport aux sept sphères célestes. Le poète soufi Attar, dans un poème d’une grande richesse allégorique intitulé La Conférence des Oiseaux, décrit le pèlerinage mystique comme une quête qui commence avec l’élimination de tous les désirs matériels, se poursuit avec l’amour, la connaissance et le sens de l’étonnement, et se termine dans l’annihilation, c’est-à-dire l’union avec Dieu.
L’histoire raconte le désir ardent d’un groupe d’oiseaux de connaître le grand Simorgh, le roi bien-aimé. Les oiseaux, sous la conduite d’un leader (la huppe), commencent avec passion et enthousiasme leur voyage vers la terre du Simorgh. Un par un, ils quittent le voyage, chacun présentant une excuse qui l’empêche de poursuivre le voyage. En fin de compte, il ne reste que trente oiseaux, ou si morgh (en persan), qui traversent les Sept Vallées pour entrer au pays du Simorgh. Ils demandent la permission de voir le Simorgh, mais leur requête est refusée. Les trente oiseaux, ou si morgh, éperdus d’amour et de ravissement, s’anéantirent et moururent de leur domaine physique et entrèrent dans le royaume de leur âme. À leur grand étonnement, ils y réalisèrent qu’en réalité le grand Simorgh qu’ils avaient cherché sans cesse était leur véritable identité propre. Autrement dit, le Simorgh, ou la vérité, est le si morgh, ou la réalité des trente oiseaux. Ils comprirent qu’ils avaient fait le voyage vers la connaissance de soi, à la découverte de leur vérité.

Dans cette histoire, la huppe qui guide les oiseaux est une allégorie du maître soufi guidant ses élèves vers l’illumination. Les oiseaux doivent traverser sept vallées avant de trouver le Simorgh. Ces vallées représentent les étapes qu’un chercheur de la vérité doit franchir afin de connaître Dieu à travers la connaissance de son vrai soi. Dans Al Rasa’el: The Light of Salvation (Al Rasa’el : la Lumière du Salut) (106-110), Hazrat Shah Maghsoud Sadegh Angha fait allusion aux sept niveaux du cœur dans le poème suivant :

Dans le royaume du cœur, il y a sept niveauxQue le chercheur de vérité doit tous traverser.
Le premier niveau consiste à chercher et à aspirer,
Dans l’épreuve et la souffrance, de pouvoir réussir.
La foi représente le deuxième niveau,
Et son essence est la connaissance éternelle.
Le troisième niveau est celui de l’amour,
Un miroir rayonnant de la lumière de l’amour.
Le chercheur ne fait plus qu’un avec l’existence,
Dans ce niveau il devient témoin de la Vérité.
Le cinquième niveau est celui de l’unité.
La particule devient aussi brillante que le soleil.
Le sixième niveau est celui de l’extase,
Où le chercheur sera plein d’émerveillement.
Au septième niveau sont annihilation et pauvreté,
Et Dieu se manifeste à toi en toute chose,
Au septième étage, tu as atteint ta demeure.

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Références :
Angha, Salaheddin Ali Nader, Kanzol-Soluk, Téhéran, Iran, MTO Publications, 1986.
Attar, Farid ud-Din, Le Langage des Oiseaux, Paris Albin Michel.
Angha, Shah Maghsoud Sadegh, Al-Rasael: The Light of Salvation, Téhéran, M.T.O. Shahmaghsoudi Publications, 1987.